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Les 5 regrets des personnes en fin de vie

4 min de lecture

Vivre une vie heureuse et épanouie pour n’avoir presque aucun regret à la fin ? Ce n’est apparemment pas si facile. Car comment expliquer sinon le succès du livre « Les 5 regrets des personnes en fin de vie », devenu un véritable best-seller ? Et pourquoi ai-je acheté ce livre après avoir longtemps hésité ? Faut-il vraiment se pencher sur la mort pour pouvoir vivre sa vie de manière plus consciente ?

En théorie, je sais bien que la plupart des petites contrariétés ne valent pas l’énergie que je déploie pour m’énerver « vraiment ». Oui, c’est fâcheux que le bus ait démarré juste sous mon nez ou que j’ai oublié mon parapluie et sois maintenant trempée jusqu’aux os. Mais ce genre d’ennui est aussi vite oublié qu’il est apparu. Et à la fin de ma vie je ne regretterai certainement pas d’avoir vu me passer sous le nez ce superbe sac de designer au moment des soldes. Ou de n’avoir pas acheté le quinzième pullover noir qui aurait probablement enfin rendu ma vie parfaite. J’espère tout au moins que je n’aurai rien de tel à regretter.

Et c’est vrai, nous n’avons pas de regrets pour les petites contrariétés…

Mais revenons-en au livre de Bronnie Ware. Cette infirmière australienne qui travaillait en soins palliatifs a accompagné de nombreux patients durant leurs dernières semaines. Et elle constaté que nombre de ses protégés éprouvaient des regrets à la fin de leur vie. Pourtant, aussi différentes qu’aient pu être les histoires personnelles de chacun, aussi similaires étaient les sujets qui donnaient lieu à des regrets. Et bien sûr on n’est guère étonné d’apprendre qu’il ne s’agit pas de choses qui étaient un motif de contrariété à ce moment-là et qui, au final, sont absolument sans importance. Quels sont donc, d’après Bronnie Ware, les 5 plus grands regrets des personnes à la fin de leur vie ? [1]

J’aurais aimé…

  • … avoir le courage de vivre ma vie comme je l’entendais, et non la vie que les autres voulaient pour moi.
  • … ne pas m’acharner autant dans le travail.
  • … avoir le courage de dire mes sentiments.
  • … rester en contact avec mes amis.
  • … m’autoriser à être plus heureux / heureuse.

Mais nous regrettons d’avoir manqué de courage…

Dès le premier point je commence à ruminer parce que l’histoire de Grace m’a émue. Grace est restée mariée plus de 50 ans à un mari tyrannique, en se pliant à tous ses désirs. Elle s’est sacrifiée pour sa famille et son foyer, a élevé les enfants tout en rêvant de vivre une vie indépendante. Peut-être de voyager aussi. Grace a plus de 80 ans quand son mari est transféré dans une maison médicalisée. Et Grace – toujours en pleine forme et en bonne santé malgré son grand âge – décide de vivre enfin comme elle le souhaite. Peu de temps après, les médecins lui diagnostiquent une maladie incurable qui évolue très vite. Grace est amère et en colère contre elle-même parce qu’elle n’a jamais eu le courage de vivre sa vie comme elle l’entendait lorsqu’elle le pouvait encore. Mais elle donne à Bronnie le conseil suivant : « Ne laissez jamais personne vous empêcher de faire ce que vous voulez. »

Heureusement, tout le monde n’a pas des regrets…

Tous les patients suivis par Bronnie Ware n’avaient pas quelque chose à regretter. Parmi eux se trouvaient aussi des personnes qui sont parties en paix, sans regrets. Elles avaient réussi à changer de vie à tant pour ne pas éprouver de regrets à la fin. Un bel exemple (qui n’apparaît pas dans le livre) est celui de la mère du célèbre coach de la méditation en pleine conscience Jon Kabat-Zinn. Elle a fait à 80 ans ce qu’elle n’avait pas eu le courage de faire avant, de ses propres dires. Elle a quitté son mari, déménagé dans une autre ville et connu sa première exposition d’art en tant qu’artiste à 95 ans. Aujourd’hui centenaire, elle vit plus satisfaite que jamais, même si avec l’âge elle ne peint plus maintenant.

Peut-être que le secret du succès de livres comme celui de Bronnie Ware tient au fait qu’ils soulèvent des questions. Des questions qui dérangent. Parce qu’il n’est jamais trop tard pour réfléchir à ce qui est vraiment important pour soi.

« Les 5 regrets des personnes en fin de vie » a entre-temps été traduit dans une trentaine de langues. En août 2014, Bronnie Ware a publié une suite : « Your Year for Change : 52 Reflections for Regret-Free Living » dans laquelle elle rappelle ce qui compte vraiment !

[1]Bronnie Ware: « 5 Dinge, die Sterbende am meisten bereuen: Einsichten, die Ihr Leben verändern werden », ISBN: 978-3-442-34129-0, Verlagsgruppe Random House.

Crédit photo : (c)iStock.com/shironosov

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